C'est la hess de sexe, c'est pas comme ça qu'on dit ? Bonne lecture !
Bien le bonjour chers moldus. Avant d’entrer dans les méandres de ma vie sentimentale, je me dois de préciser que tous les prénoms qui figureront sur cet article ont été changés. Non pas que je sois suffisamment célèbre pour que l’on puisse m’intenter un procès, mais mieux vaut prévenir que guérir n’est-ce pas ?
Sans aucune transition, cela fait maintenant 365 jours, soit un an que j’enchaîne des dates foireux. 52 semaines pour être exact que les discussions que j’entame ne durent pas plus de sept jours (il y a une étude sociale à faire à ce sujet), que mon cœur n’a pas eu le crush sur quelqu’un d’autre que Andrew Garfield, et beaucoup trop de jours (à mon goût) que mon corps n’a pas été en contact autre que mon womanizer.
Alors qu’on se le dise, je ne suis pas ingrate, il fait extrêmement bien le job. Un orgasme en moins d’une minute, honnêtement qui dit mieux ? Le seul hic voyez-vous, c’est qu’à défaut de donner un orgasme le womanizer ne câline pas, ne prépare pas de bons petits plats lorsque vous rentrez d’une journée éreintante et il ne parle pas (vous me direz parfois c’est peut être un mal pour un bien).
Est-ce que mon ex faisait tout ça ? Absolument pas.
Est-ce que j’aspire toujours à ce fantasme ? Tout à fait.
Me voilà donc un jeudi soir, 22 heures, un œil s’attarde pour la 149896e fois sur Meredith Grey & Derek Shepperd (team Dr. Glamour ici), l’autre quant à lui regarde sans trop y croire les profils proposés par Bumble.
J’ai 32 ans, et comme dirait Charlotte : « Au secours les filles, mon vagin fait une dépression ! ».
Ma vie est digne d’une comédie, un drama, ou encore d’un film d’action. En somme tout…sauf d’une love story.
Ces derniers mois j’ai enchaîné suffisamment de date (à raison de 2 par semaine) et voyez-vous je ne sais pas ce qui est le plus désespérant : rencontrer autant de personnes sans que cela ne mène nulle part, ou rencontrer autant d’hommes et n’avoir eu aucun orgasme, ce malgré plusieurs périodes d’essais ? Le choix vous appartient.
Le point positif ? Je n’ai (pour la plupart) rencontré que des hommes (qui avaient l’air) bien (AMEN !).
Le point négatif ? C’est que malgré ce bon casting, aucun figurant n’a été suffisamment bon pour mon petit cœur.
Moi quand mes potes me demandent ce que mon 12358e date a donné.
Je vois arriver les détraqueurs de l’ombre qui crieront que je ne suis qu’une michtoneuse de Paris (Diams 4ever). J’aurais aimé l’être, mais voyez-vous, même ça je n’y arrive pas.
Féministe jusque dans mes tripes, j’aspire à un monde où l’égalité règnerait en maître. Et qui dit égalité sur les salaires dit aussi égalité lorsqu’il s’agit de payer l’addition. Je n’ai donc que peu de fois pu apprécier le fait de me faire inviter (et croyez-moi que pour certains c’est un repas pour 4 qu’ils auraient mérité de financer).
Il faut croire que grandir dans les années 90 aux côtés des Frères Scott, Ally McBeal ou encore Sex and the City ne m’a pas aidé. La Millénial que je suis a longtemps idéalisé cette période de la vie adulte. Orgasmes, romance et carriérisme, voilà ce à quoi j’aspirais. Sauf que voilà, j’ai 32 ans et la réalité est tout autre.
Qu’on se le dise : ma vie sexuelle est aussi attractive que le hall d’accueil de la CAF. Les seules personnes que je suis amené à câliner le soir sont des chats, et ma carrière professionnelle est aussi réussie que le live action de Blanche Neige (je vous invite à aller regarder les chiffres au box-office vous allez vite comprendre).
Il faut dire qu’entre :
Casper qui a pris un malin plaisir à me poser un lapin suivi d’un ghosting ultime (oui le culot n’a pas de limite)
Gaston qui était aussi fan de moi que je ne l’étais de Lorie dans les années 2000 avant de m’incendier 2 jours plus tard (un conseil mesdames, si votre Jules vous fait du love bombing fuyez)
Simplet qui faisait la même taille que moi (nous sommes en 2025 il s’agirait d’être enfin honnête bien sûr que la taille compte, personne ne veut d’un petit verre de bière à ce que je sache ? Et que ce serait-il passé si Simplet et moi avions eu des enfants ? Et bien ils auraient ressemblé à des Hobbits.)
Adam qui - certes du haut de ses 1m80 - imposait par sa carrure, mais pour qui la baguette magique quant à elle faisait la taille de mon index
Ou encore Henri, coincé dans les années 80 à s’offusquer parce que j’eus le malheur de vouloir payer ma part voire même de l’inviter (quand je vous dis que j’aimerais être une michto ce n’est pas pour rien)
La vie s’avère parfois surprenante, on arrive à réfléchir suffisamment longtemps pour acheter le bon rouge à lèvres mais on se retrouve incapable de choisir le bon mec. It’s the wrong circle of life I guess.
Moi quand il me demande pour la 10000e fois ce que j’aime faire dans la vie.
De la même manière qu’une personne peut enchaîner un paquet de M&M’s je me suis retrouvé à « binge » des dates sans un gramme d’espoir (mais beaucoup de kilos en trop sur la balance).
Mais pourquoi continuer ce naufrage aussi tragique que la mort de Jack ? Et bien c’est une très bonne question, à laquelle je n’ai pas encore trouvé de réponse.
Also me à chaque fois que je réinstalle une appli de rencontre.
Je ne sais pas si c’est Mercure qui rétrograde ou bien si ce sont les mentalités qui, elles, n’ont pas beaucoup évolué, mais le dating en 2025 est devenu aussi compliqué – si ce n’est plus - que l’épreuve des poteaux à Koh Lanta.
Comme dirait ma psy : Les gens ne se sont jamais sentis aussi seuls, dans une ère où nous sommes pourtant connectés h24. Isnt’it ironic ?
Entre Tinder, Bumble, Hinge ou encore Fruitz les applis de rencontre ne cessent de se multiplier.
Hyperconnecté et stimulé (pas dans le sens que j’aurais aimé vous vous en doutez) en permanence je ne me suis pourtant jamais sentie aussi seule.
La nouvelle comédie de Céline Song l’illustre plutôt bien. Sous ses abords de comédie romantique avec un triangle amoureux (avec notre très cher Pedro), Materialists traite l’amour comme une marchandise.
Le récit met en lumière un certain paradoxe : en effet malgré tous les moyens mis à notre disposition (tant sur le plan virtuel qu’irl, il n’a jamais été aussi compliqué de trouver un.e partenaire. Pour la simple et bonne raison que la société contemporaine d’aujourd’hui nous pousse à regarder l’amour non plus pour ce qu’il est, mais par le prisme d’un produit à consommer.
Entre désillusions, dates foireux et échecs amoureux, cette surconsommation des profils ne mène ainsi qu’à une chose : une certaine lassitude.
Dans son livre l’algorithme de Tinder (que je vous ai déjà recommandé), Judith Duportail parle de « dating fatigue » :
La dating fatigue, c’est une nouvelle version de la mélancolie amoureuse. Une émotion qui oscille entre lassitude et espoir, avec une pointe d’aigreur. Cet espoir que l’on continue à ressentir, on a envie de le protéger, parce qu’il est porteur d’heureux possibles.
En 2023, le sondage réalisé par Healthy Framework confirmait ce phénomène. En effet, sur 1 000 personnes interrogées, 79 % d’entre elles rapportaient éprouver un sentiment de fatigue ou de burnout quand il s’agissait d’applications de rencontre. Une sur trois avouait ainsi avoir recherché un professionnel de santé afin de les aider à répondre aux problématiques liées aux applications de rencontre.
Et vous voulez la cerise sur le cupcake ? Même s’il y a 95% de chance que l’aventure s’arrête de nouveau parce qu’il y aura probablement un red flag de trop j’ai tout de même hâte de pouvoir enfin vivre ma love romance.
Parce que comme le dit si bien The Priest dans la série Fleabag :
Love is awful. It’s cruel, messy, and terrifying. It leaves you vulnerable, breaks you, and still, you want more. Because even in its worst moments, love reminds us we’re alive. And that’s what makes it worth it. We suffer for it, we long for it, and despite everything, we keep choosing it, again and again.
Moi, masochiste ? Peut-être bien.
En attendant je vous laisse, j’ai mon pot de Ben & Jerry’s cookie dough à terminer.