I came to win, to survive, to prosper, to rise

Souvent je ne me sens pas suffisante. Je n'ai rien fait d'extraordinaire, je n'ai rien révolutionné, ni rien abolit. Je ne suis que moi, et peut être que c'est déjà bien ?

Les chroniques d'Aragorn
3 min ⋅ 07/04/2026

Aujourd’hui j’ai 25 ans, un quart de siècle et j’ai pas accompli grand chose dans ma vie.

Ça, c’est ce que j’ai écrit dans mon journal intime le jour de mes 25 ans (oui, j’ai un journal intime et alors ?).

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours eu envie de me sentir utile pour les autres. J’imagine que ma carrière professionnelle dans le social ne s’est pas faite par hasard, et que mon aversion pour l’injustice y joue pour beaucoup.

J'ai toujours eu envie de marquer l'histoire comme mes très chères consœurs Simone Veil, Rosa Parks ou encore Malala Yousafzai (des femmes incroyables !). Moi aussi j’aspirais à faire de grandes découvertes et révolutionner le droit des femmes.

Sauf qu’aujourd’hui quand je regarde dans le rétroviseur, je réalise que l’objectif à atteindre est encore assez loin. Certes je n’ai que 32 ans (et presque toutes mes dents), mais ce besoin de faire quelque chose d’important de ma vie s’est finalement transformé en une grande source de stress ces dernières années, et n’a fait que renforcer ce sentiment d’inutilité (quelle ironie).

Comme un bébé qui a besoin de sa maman, d’un malade qui a besoin de son soignant ou encore de moi qui ai besoin de fromage (c’est vraiment vital), ce besoin de me sentir utile est devenu indispensable.

Alors j’imagine que l’on a tous besoin de se sentir important pour quelqu’un. Faire quelque chose qui a de l'importance pour nous et qui est reconnu par les autres (qu’on le veuille ou non) renforce notre place dans le collectif et donne ainsi du sens à notre existence.

Et puis comme dit Leïla Slimani dans son ouvrage Au pays des autres :

A quoi bon vivre, si ce n’est pas pour être vue.

Sauf que dans les faits, je ne me suis jamais réellement posé la question de ce qui était utile pour moi ? Je veux dire, j'imagine que chacun à sa propre vision. Aussi, à quoi me semblait-t-il important de contribuer ?

C’est véritablement utile puisque c’est joli “ - Antoine de Saint-Exupéry

J’ai donc réfléchi à la question, et ac’est près beaucoup d’introspection (et de séances chez le psy) j’en suis venu à la conclusion que pour moi, se sentir utile était savoir (s’)écouter et (se) faire plaisir. C’est donc ce que je me suis tenue d’appliquer à travers mes multiples projets : créer ma chaîne Youtube ; écrire un livre ; lancer mon podcast ; partir en humanitaire ; rédiger cette newsletter. #hyperactive

La vérité c’est que j’ai peur d’oublier les gens et égoïstement, j’ai peur de l’être aussi.

Mais même si l’angoisse de ne pas réussir à marquer le monde par ma présence est constante, je crois qu’il n’est finalement pas nécessaire d’avoir une ambition démesurée pour le changer, et qu’il suffit simplement de créer. Et puis, on a qu’une vie. Alors quitte à n’en avoir qu’une, autant faire en sorte que nos actions aient du sens.

J’insiste sur le fait qu’il ne faille pas chercher un sens à tout. N’agissez pas pour vous sentir utile, mais sentez-vous utile dans chaque action que vous menez (vous saisissez la nuance ?).

En sommes, faites quelque chose d’assez important pour que vous puissiez vous dire que cela en valait la peine.

Je vais cesser de vous importuner avec mes bavardages féminins, mais ce sont mes oeuvres qui parleront pour moi. - Artemisia Gentileschi

Je n’ai pas inventé de remède contre le cancer, je n’ai pas révolutionné les droits des femmes mais je reste convaincue que la plus belle reconnaissance que nous puissions éprouver est celle de l’amour que nous mettons dans nos actions.

Et ça, c’est déjà beaucoup.

Les chroniques d'Aragorn

Par Zarah 🌸

Juste une meuf de 32 ans qui aime se lancer dans plusieurs projets.

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